01.10.2007
Don’t cry for me Argentina
Ca devenait usant ces larmoiements permanents devant la calculette à se luxer les louches, se répéter sans cesse que si les Argentins ceci et les Irlandais cela...
Les Argentins ? Ils sont beaux, forts et talentueux ; on se régale à chaque sortie et ils sont désormais les outsiders flamboyants de cette compétition.
Qu’ils gagnent, bon sang, avec toute la France derrière eux et ils écriront une des plus belles pages de l’histoire du rugby, pas du rugby de platinettes ou de consultants en goguettes, mougeottés pleins de pépettes et le football dans les mirettes, non je parle du rugby de plein champ, celui de la chasse aux alouettes et du bocal à rillettes, celui des coups de cœur qui nous sont chers les dimanches d’hiver, sans qu’il soit nécessaire de travestir toutes les deux lignes ces valeurs à deux balles en basse fortune et morale nationale. Viva Argentina !
Quant à nous... Enfin les Blacks !
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Fidji – Pays de Galles, des poids et démesure
Les Fidjiens faisaient plus que le poids : avec 106 kg de moyenne (sur trente joueurs), c’est la nation la plus lourde de la Cup. Le Pays de Galles n’était pas loin avec 104 kg de moyenne.
Les 8 de devant qui sont entrés sur le terrain faisaient sur le papier jeu égal : 115 kg de moyenne pour les Fidjiens, 113 pour les Gallois ; 1,88 m pour les Fidjiens, 1,89 m pour les Gallois.
C’est surtout derrière que les différences étaient marquées : 101 kg de moyenne pour 1,82 m chez les Fidjiens. 92 kg pour 1,83 m chez les Gallois. Si on enlève Shane Williams qui fait chuter la moyenne, les Gallois rendaient néanmoins 7 kg par adversaire.
[Voir tableau, en pdf]
S’ils regardent les statistiques du match, les Gallois vont tous se mettre à sourire comme Gareth Thomas. Ils ont dominé territorialement (54%), ont passé plus de temps dans les 22 m, ont concédé moins de pénalités (8 contre 14), ont gagné plus de mêlées (11 contre 2), ont fait plus de plaquages (99 contre 75) et en ont manqué moins (13 contre 22), n’ont pas eu de cartons jaunes (1 pour les Fidjiens), totalisent cinq essais contre quatre fidjiens et ont perdu quand même…
Les Fidjiens s’en balancent des stats. Ils n’avaient même pas titularisé le plus grand bébé de cette Coupe du Monde : Domolailai, 2,05 m pour 118 kg. Peut-être se le gardaient-ils pour le prochain match ?
La nation la plus lourde, Fidji, rencontrera donc, en quart de finale, la nation la plus grande, l’Afrique du Sud (1,88 m, virgule 6, de moyenne).
On espère un nouveau sommet.
NB : comme toute la rugbypédie je hais TF1 qui ne diffusait aucuns des 4 matches programmés hier. Dégoûté, j'avais décidé de me rendre chez le coiffeur, mais sur le chemin je suis tombé sur le grand écran du Bar Basque (à Bayonne, rue d'Espagne) devant lequel se trouvait... mon coiffeur (!), qui, face à un tel spectacle, a finalement décidé de prolonger sa pause de 85 minutes et 5 bières. Nous avons reporté le RV. Merci à lui.
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28.09.2007
Ibéritude
Je viens d’être arrêté net sur la ligne d’avantage, plaqué par ce généreux poète, Chota de Roustavi (Roustavéli en géorgien), dont Henry Broncan relate dans une chronique qu’il a repris une des maximes sur un tableau blanc à l’intention de ses protégés : « Ce que tu donnes, reste tien. Ce que tu gardes, tu le perds ». Avouez que la citation pourrait figurer en préambule du code de rugby.
L’histoire de Chota Roustavéli est entourée de mystères. On conte qu’il serait né à Roustavi vers 1170 dans la province de Meskhetie. Il fut amoureux de la reine Thamar, la fille du Roi Georges III, première femme à accéder au trône géorgien (1184) qui abolit la peine de mort au cours de son règne et fit de la Géorgie l’un des états les plus puissants et influents du proche orient.
Chota Roustavéli lui dédia une œuvre qualifiée de roman épique composée de 1 587 quatrains de vers monorimes en seize syllabes : « le Chevalier à la peau de léopard ».
On trouve une traduction sur internet dont voici l’adresse (pdf). Précipitez-vous et rejoignez ma ligne d’avantage, quatrain 470 :
Nous avons chassé dans les champs, au pied du mont, dans le vallon,
Chiens de chasse nous secondant, nombreux éperviers et faucons.
Nous ne tardâmes à rentrer, empruntant un chemin pas long,
Nous n'avons même pas joué, comme d'habitude, au ballon.
Qu’on appelle Dimitri Biarritzvéli sur le champ ! Qu’il s’explique sur ce blog ou ailleurs, qu’il nous éclaire sur ces menues routines, la forme du ballon, l’issue des joutes et nous indique si des fresques sont visibles que nous nous pâmions d'ici dimanche !
Je retourne à ma lecture.
[Edit] : lire aussi une ITV d'Henry Broncan et sa dernière chronique.
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